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Repères ...


 

Les lettres de l'alphabet latin apparaissent vers le VIIe siècle avant J.-C.. La forme des capitales romaines provient de l'alphabet étrusque lui même inspiré de l'alphabet grec, ces lettres sont parvenues jusqu'à nous dans leur dessin originel.

Dans l'antiquité, les capitales romaines étaient employées pour les inscriptions lapidaires et revêtaient toujours un caractère institutionnel. Parallèlement à cette écriture, il existait des lettres cursives utilisées pour l'écriture courante et des lettres particulières, rustica et quadrata, pour l'écriture livresque. Il n'y a pas dans l'antiquité de distinction entre majuscules et minuscules. Ce n'est qu'au VIIIe que cette distinction grammaticale fait son apparition.

Ces caractères s'inscrivent entre deux portées horizontales et sont d'une allure plutôt rectiligne. Cependant les contrastes de proportions sont puissants et de nombreuses subtilités de tracé empêchent le dessèchement des formes, en particulier dans les courbes. Comme en architecture, de nombreuses corrections compensent les illusions d'optique habituelles : milieu optique, équilibre des graisses des lignes horizontales et verticales, alignement optique de formes pointues ou rondes, réglages des approches ...

 

Démarche de travail...


 

Plus de deux mille ans depuis les inscriptions lapidaires romaines ! Les capitales romaines qui ont servi de modèle pour le dessin des lettres majuscules d'imprimerie nous fascinent encore par leurs structures et leur tracé subtil. Nous avons travaillé dans l'esprit des lettres gravées et non sur des dessins hérités de la Renaissance italienne ou de l'époque classique où ces lettres étaient construites sur des schémas géométriques.

Pas de géométrie du tout alors ? Eh si, la première étape a été celle d'un dessin de module pour construire l'ensemble de l'alphabet et assurer la cohérence de l'ensemble. C'est dans les contrastes
de proportions que se joue le rythme de l'écriture.

La deuxième étape est celle de l'élaboration d'un gabarit. Il s'agit d'un dessin qui met en place des repères de tracés pour préciser la forme des empattements, la graisse (les variations subtiles de l'épaisseur des tracés d'une lettre) et le caractère des courbes. En débutant, il est difficile d'être bien lucide sur les partis-pris à ce stade. Il faut faire confiance à sa main, à son oeil et à Franck Jalleau pour anticiper sur l'expression du caractère au final. Jolis débats et boutades mi-pathétiques, mi-hilarantes sur l'incontournable relation maître-élève.

La troisième phase est celle du dessin, sur des calques, chaque lettre est dessinée sans instruments, d'abord au crayon puis à l'encre. C'est un long travail , qui nécessite de nombreuses corrections. Toutes les lettres sont ensuite reproduites et assemblées à petite échelle. Tout l'art typographique consiste à éviter la systématisation des formes tout en assurant la cohérence de l'alphabet.

Dans une démarche professionnelle, vient ensuite la digitalisation. Il s'agit d'établir la compatibilité avec les systèmes informatiques. L'alphabet devient une police.

 

Exemple de correction où Franck Jalleau a désigné les erreurs de proportions ou de graisse.

 

 

Prolongements


http://www.bnf.fr
Site de la Bibliothèque nationale de France. Pour mieux connaître les origines de l'alphabet latin, visitez la partie "Aventure des écritures".
   

Quelques sites consacrés à la typographie


http://www.agfahome.com/agfatype/creative/typespecs/t-z/virgile.html
Pour mieux connaître quelques créations typographiques de Fanck Jalleau.
   
http://listes.cru.fr/arc/typographie@irisa.fr
Il s'agit d'une liste de diffusion exclusivement consacrée à la typographie.
http://www.porcheztypo.com/
C'est le site personnel et commercial de Jean-François Porchez.
   
   
   

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