Qu'est ce qu'une esperluette ?

 

C'est la ligature des lettres "e" et "t". C'est aussi la figure du noeud, et le symbole de l'union.
Au XIXe, l'esperluette devient le & commercial, qui lui donne sa forme la mieux connue.
Dans les années 50, au moment où les techniques de photocomposition remplacent la composition traditionnelle avec les caractères en plomb, la survie de l'esperluette est très compromise. Elle est heureusement défendue par Maximilien Vox (le fondateur des Rencontres de Lure) qui y voit la "pierre de touche de l'influence de l'esprit calligraphique dans la typographie."
Les formes de l'esperluette sont innombrables, d'une infinie variété. Un seul calligraphe pouvait se permettre de créer de nombreuses formes dans une même page, on la voit même terminer les mots c'est à dire sortir de sa seule fonction grammaticale liée à l'expression de la conjonction. On est donc tenté de croire que son usage est lié à l'esprit créatif.
Tous les calligraphes et les grands créateurs de caractères ont perpétué cette tradition.
 La revue
Arts& Métiers du Livre
a publié une étude de Paul Standard, calligraphe américain à qui l'on doit le regain d'intérêt pour la calligraphie latine.
Dans cet article, qui date de 1938, Paul Standard s'intéressait particulièrement aux caractéristiques de l'esperluette dans différents pays.

 

 Arrhighi, 1522 - Italie
Il distingue les grands calligraphes de la Renaissance italienne : Arrighi, Tagliente, Palatino qui rayonnèrent au travers de manuels d'écriture qui se sont diffusés dans toute l'Europe. Les esperluettes issues de cette influence débordent d'astuce, de créativité, de liberté qui contrastent fortement avec les esperluettes en usage en Angleterre.  
     

 Seddon, 1695 - Angleterre
Les maîtres d'écriture anglais du XVIIIe siècle comme Shelley ou Champion, pouvaient tracer des formes ornementales florissantes, mais leurs moyens d'existence dépendant de l'enseignement de l'écriture commerciale utilisée pour la tenue des livres de comptes, ils mirent au point des tracés plus simples et pratiques pour accompagner les alphabets qui les contenaient.  
Mercator, 1540 - Pay-bas

Barbedor, 1659 - France 
En France, les maîtres d'écriture tel Barbedor, firent du XVIIe le siècle de l'esperluette. Elle était dépouillée de toute fioriture, plus austère et plus belle que précédemment.  
En savoir plus sur ce site :

http://www.alain.les-hurtig.org/esperluette.html

 

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